



Alors que la fin de notre journey approche a grands pas, mon obsession secrete est de reussir a trouver comment decrire l'Australie de facon courte et aussi juste que possible. Cet etrange pays, discret et metamorphe, comment le resumer clairement ?
Comme souvent dans la vie, la reponse est dans le repertoire des Kinks - ca m'a frappe en lisant l'enseigne du Kinks Internet Cafe d'ou j'ecris ce billet - dans la chanson "Australia" (bah oui) de l'album Arthur of the decline and the fall of the British Empire.
Primo, parce que la chanson date de 1969 et que vous n'avez pas idee a quel point tant de choses dans ce pays fleurent bon la fin du 20e siecle. Les chansons qui passent en boite ont toutes quasiment dix ans de retard, et vous avez plus de chances de vous dehancher sur la "Macarena" ou "La Vida Loca" dans les boites de Sydney que sur le "Unforgettable" Beyonce. A la radio pourtant, on l'entend le tube de B, mais il est entoure d'autres bibelots poussiereux. Par exemple, la carriere de Green Day semble se limiter sur les ondes au Dookie sorti en 1996, pareil pour Offspring - en fait pareil pour tout le punk rock Californien. Au cinema, Volver est actuellement LE film etranger en vogue. Et meme la (sur)production americaine debarque ici avec des mois de retard. L'Australie, malgre ses lumieres eclatantes et son monorail volant, semble culturellement encore jusqu'au cou dans les annees 90.
Deuxieme raison, l'"Australia" des Kinks sent le Beach Boys. Les freres Davies se sont tranquillement laisses aller a jouer aux Wilson, jusqu'a nous avouer - au creux d'un accord - "We'll surf like they do in the USA". C'etait les annees 60, et surfer sur la plage representait alors la quintessence ultime de l'aventure humaine, a l'image du deal de coke dans les 90's et du fait de faire fortune grace a Internet en Y2K. Et pourtant, le surf et tous les sentiments blonds platines qui lui sont associes font indeniablement partie integrante de la psyche de ce pays. Le surf est encore vu ici avec la naivete et l'excitation des annees soixantes... PLUS le petard herite d'une culture hippie dont on ne soupconne pas l'influence en Australie avant de la rencontrer a tous les coins de rue. Les surfeurs Australiens carburent a la Ganja. Allez, ca aussi, ca fait tellement annees 70.
Finalement, les paroles de la chanson restent diablement percutantes 37 ans plus tard. Morceaux choisis :
"Opportunities are available in all walks of life in Australia, So if you're young and if you're healthy, Why not get a boat and come to Australia ?"
Plus de la moitie de nos compatriotes francais nous ont explique a quel point ils aiment ce pays et a quel point ils ont peur / pas envie de le quitter.
"Everyone walks around with a perpetual smile across their face."
Et vous propose de vous deposer, vous propose de payer votre batterie, vous aide a decoller votre van d'un muret en rigolant... J'veux dire, un Australien choisi au hasard dans la foule a en moyenne plus de gentillesse en lui que si vous filtrez 10 Parisiens au hasard aussi.
"We'll fly down to Sydney for our holiday, on sunny Christmas Day !"
Oui, l'Australie est belle a decouvrir, a traverser, et oui il fait souvent soleil. C'est un pays au climat agreable, comme le souligne les pianos, les guitares tranquilles et les choeurs des Kinks, vivre en Australie a un parfum de vacances... Meme (surtout ?) pour les Australiens.
"Australia sha-la-la-la sha-la-la-la"
Oui oui oui ! Un pays ou tout le monde vous repete a longueur de journee "NO WORRIES !" avec un smile de la taille du Yucatan est definitivement un pays Sha la la la !

c'est qu'il nous donnerait presque envie de pleurer le futur ex-australien. 
hey! t'as cru que t'allais nous emouvoir avec ce post, nous vieux (région)parisiens aigris, martyrisés par nos boss, passant nos week end à attendre la semaine, et vice et versa ??! 


